Donner ou vendre des actions : de quoi parle-t-on ?
Quand on détient des actions fortement appréciées et qu'on souhaite en transmettre la valeur, deux situations existent et n'ont pas le même coût fiscal :
- Vendre les titres, puis donner le montant net. La vente déclenche l'imposition de la plus-value (PFU 30 % / 31,4 % en 2026, ou barème progressif sur option). On donne ensuite le net, soumis aux droits de donation.
- Donner les titres tels quels. La donation n'est pas une cession à titre onéreux : la plus-value latente n'est pas imposée au moment de la donation (CGI art. 150-0 D, 1). Le donataire reçoit pour prix de revient la valeur des titres au jour de la donation : s'il revend aussitôt, il n'a quasiment aucune plus-value. Restent dus les droits de donation, calculés sur cette même valeur.
Le simulateur compare le coût fiscal total de chacune de ces situations (impôt sur la plus-value + droits de donation) selon le lien avec le donataire. Il ne désigne pas de « bonne » solution : il affiche la différence, vous décidez avec un professionnel.
Les droits de donation
Les droits dépendent du lien de parenté et d'un abattement renouvelable tous les 15 ans : 100 000 € par parent et par enfant (CGI art. 779), 31 865 € pour un petit-enfant, 15 932 € entre frères et sœurs, 7 967 € pour un neveu ou une nièce, 80 724 € entre conjoints ou partenaires de PACS. Au-delà de l'abattement, on applique le barème progressif en ligne directe (5 % à 45 %) ou les taux propres aux autres liens (55 % pour un neveu/nièce, 60 % pour un tiers). Les donations consenties à la même personne depuis moins de 15 ans réduisent l'abattement disponible (rappel fiscal, CGI art. 784).
Important : l'abattement réduit les droits de donation, pas le prix de revient transmis au donataire. Même si la donation est exonérée, le donataire conserve comme base de revient la valeur vénale entière au jour de la donation (BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20-30).
Le risque : l'abus de droit
La donation avant cession est licite dans son principe : le Conseil d'État admet que l'on transmette des titres avant qu'ils soient cédés plutôt que de vendre soi-même puis donner le prix (CE, 30 déc. 2011, Motte-Sauvaige, n° 330940). Mais l'opération est requalifiable en abus de droit (LPF art. L64) si la vente était déjà convenue avant la donation (la donation porte alors en réalité sur le prix, pas sur les titres) ou si le donateur se réapproprie les fonds. Conséquence : la purge de la plus-value est anéantie, la plus-value redevient imposable chez le donateur, avec pénalités. C'est pourquoi cette opération relève d'un notaire et d'un conseil patrimonial, et non d'un simulateur.
Pour aller plus loin : calculateur de plus-values de titres (2074), le comparateur PFU ou barème (case 2OP) et le simulateur de purge de moins-values.