Le projet Clairfisc
Déclarer ses revenus d'investissement en France, c'est se battre avec des formulaires obscurs, des cases numérotées et des règles éparpillées entre le code général des impôts, le BOFiP et des notices que presque personne ne lit. Clairfisc existe pour une seule raison : rendre cette déclaration juste, gratuite et vérifiable. L'ambition, à terme, est d'en faire une aide communautaire à la déclaration fiscale — un outillage partagé, ouvert, que chacun peut relire, corriger et améliorer.
Ce que Clairfisc apporte
Concrètement, Clairfisc est une collection de calculateurs qui prennent vos montants et vous rendent les bonnes cases : crédit d'impôt sur dividendes et intérêts étrangers (2047), plus-values de cession de titres (2074-CMV), plus-values crypto (2086), comptes à l'étranger à déclarer (3916), choix entre PFU et barème (case 2OP). À côté, un simulateur d'arbitrage compare deux scénarios chiffrés avant une décision, sans jamais rien conseiller.
Tout est gratuit et le calcul s'exécute entièrement dans votre navigateur : aucun compte, aucun tracker, aucun montant envoyé sur un serveur. La valeur n'est pas dans une prouesse technique, elle est dans une promesse simple et contrôlable : le calcul est juste, et vous pouvez le vérifier.
L'ambition : une aide communautaire
La fiscalité de l'investisseur n'appartient à personne, mais elle est aujourd'hui surtout servie par des outils fermés, payants ou dont on ne peut pas vérifier ce qu'ils calculent. Le pari de Clairfisc est inverse : mettre en commun l'outillage, pas le cacher. Chaque règle est écrite noir sur blanc dans un code public, sous licence AGPLv3 — libre de le lire, de l'auditer, de le corriger, de proposer une amélioration ou de l'héberger soi-même.
L'idée d'« aide communautaire » n'est pas un slogan : c'est la seule façon durable de suivre une fiscalité qui change chaque année. Une personne qui repère une erreur, une case qui bouge, un taux qui évolue peut la signaler, et la correction profite à tout le monde. Un outil que personne ne peut vérifier vieillit en silence ; un outil ouvert se corrige au grand jour.
Comment on obtient la justesse
La méthode tient en un principe : la validation d'abord. Avant d'écrire la moindre règle de calcul, on fige un « oracle » — un cas dont le résultat attendu vient d'une source officielle (Legifrance, BOFiP, la notice du formulaire concerné). Ce résultat attendu devient un test automatisé. Le calcul n'est considéré comme correct que lorsqu'il reproduit exactement l'oracle, et l'intégration continue bloque toute modification qui s'en écarterait.
Ces sources sont documentées, fichier par fichier, à côté du code — voir par exemple les sources du calculateur 2047. Les montants sont manipulés en centimes entiers, jamais en nombres à virgule flottante, pour éviter les erreurs d'arrondi sur l'argent. Autrement dit : la justesse ne repose pas sur une parole, mais sur des tests publics que vous pouvez relancer vous-même.
Le rôle de l'intelligence artificielle
Autant le dire franchement : le code de Clairfisc a été écrit avec l'assistance d'outils d'IA. Ce qui garantit la justesse d'un calcul fiscal, ce n'est pas la main — humaine ou assistée — qui a tapé le code, c'est la validation. Chaque règle a été recoupée manuellement contre sa source officielle, puis gelée dans un test qui échoue au moindre écart.
C'est précisément parce que le code est public que cette transparence a un sens : n'importe qui peut lire une règle, ouvrir la source citée à côté, relancer les tests et juger sur pièces. La confiance ne vous est pas demandée sur parole ni sur la réputation d'un outil — elle se vérifie. Un calcul faux se repère et se corrige ; c'est exactement ce que permet un projet ouvert.
Vos données ne partent nulle part
Le site est entièrement statique et le calcul est 100 % local. Vos montants ne quittent jamais votre navigateur : pas de compte, pas d'analytics tierce, pas de tracker. Même les taux de change de la Banque centrale européenne sont embarqués au moment de la construction du site — le navigateur ne contacte aucun serveur, pas même pour convertir une devise. Là encore, ce n'est pas une promesse à croire : l'absence de requête réseau se vérifie dans le code et dans les outils de développement de votre navigateur.
Vérifier, corriger, contribuer
Le code vit sur GitHub. Vous pouvez l'explorer, relancer les tests, signaler une erreur ou proposer une amélioration. Une case qui a changé, un taux à mettre à jour, un cas particulier mal géré : chaque signalement rend l'outil plus juste pour tout le monde. C'est ainsi qu'une aide à la déclaration devient, peu à peu, une aide communautaire.