Faut-il cocher la case 2OP ?
Par défaut, vos revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values de titres) sont imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU, la « flat tax »). Cocher la case 2OP de votre déclaration, c'est renoncer à cette flat tax pour soumettre tout ce capital au barème progressif. Bonne idée ou piège ? Ça dépend surtout d'une chose : votre tranche marginale d'imposition (TMI). Ce guide donne la règle, et les pièges à connaître avant de cocher.
La réponse en bref
| Votre TMI | Cocher 2OP ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| 0 % (non imposable) | Oui | Au barème, l'impôt sur le revenu de votre capital est nul, alors que le PFU prélève 12,8 %. |
| 11 % | Le plus souvent oui | 11 % est déjà sous les 12,8 % du PFU, et l'abattement de 40 % et la CSG déductible creusent encore l'écart. |
| 30 %, 41 % ou 45 % | Non | Votre taux marginal dépasse largement les 12,8 % du PFU, même après abattement : la flat tax redevient moins chère. |
Deux réserves avant de vous fier à cette règle : l'option est globale (elle emporte tous vos revenus du capital, pas seulement vos dividendes), et l'abattement de 40 % ne vaut que pour les dividendes éligibles — sans eux, le barème devient défavorable plus tôt. D'où l'intérêt de chiffrer votre cas exact ci-dessous.
Simuler votre cas : PFU ou barème ?
Renseignez vos montants : le simulateur chiffre les deux régimes et vous dit lequel coûte le moins cher, et de combien. Il gère l'abattement de 40 %, la CSG déductible et les taux du bon millésime. Le calcul est 100 % local — aucune donnée ne quitte votre navigateur.
Votre situation
Le mode précis calcule le barème réel (gère le franchissement de tranche).
Taux PFU applicables pour 2025
- Dividendes & intérêtsPFU 30 % (dont PS 17,2 %)
- Plus-values mobilièresPFU 31,4 % (dont PS 18,6 %)
Montant brut perçu.
Obligations, comptes à terme… (aucun abattement).
Cessions de titres (hors PEA).
À savoir
- Mode rapide : l'impôt au barème est estimé à votre TMI, comme si vos revenus du capital restaient dans cette tranche. S'ils vous font changer de tranche, l'écart réel diffère — passez en mode précis ou vérifiez au simulateur officiel.
- L'option barème (case 2OP) est globale : elle s'applique à l'ensemble de vos revenus du capital de l'année, pas à un placement isolé.
- Pour les revenus 2025, l'option 2OP est irrévocable une fois la déclaration validée.
- PEA, assurance-vie et PEL relèvent de régimes propres, hors de ce comparateur.
Aide informative — ne constitue pas un conseil fiscal.
Le choix par défaut : la flat tax (PFU)
Si vous ne cochez rien, vos revenus du capital sont taxés au PFU : 12,8 % d'impôt sur le revenu + prélèvements sociaux, quel que soit votre niveau de revenu. Le taux des prélèvements sociaux a augmenté :
- la CSG sur les revenus du capital passe de 9,2 % à 10,6 % (LFSS 2026), portant les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % ;
- le PFU passe donc de 30 % à 31,4 % (la part « impôt sur le revenu » de 12,8 % est, elle, inchangée depuis 2018).
Subtilité de calendrier : la hausse frappe les dividendes et intérêts versés à partir de 2026, mais s'applique dès 2025 aux plus-values mobilières (rétroactivité propre aux « revenus du patrimoine »). Une plus-value de titres réalisée en 2025 est donc déjà taxée à 31,4 %, alors qu'un dividende versé en décembre 2025 reste à 30 %.
Ce que débloque la case 2OP (le barème)
En cochant 2OP, l'impôt sur le revenu de votre capital n'est plus calculé à 12,8 % fixe, mais à votre taux marginal (0, 11, 30, 41 ou 45 %). En échange, le barème ouvre des avantages que le PFU ne donne jamais — les deux principaux pour la plupart des situations étant :
- L'abattement de 40 % sur les dividendes éligibles
- seuls 60 % de vos dividendes éligibles sont imposés à l'impôt sur le revenu. ⚠️ Cet abattement ne s'applique qu'aux dividendes éligibles (actions de sociétés soumises à l'IS, françaises ou UE/convention), pas aux intérêts, pas aux plus-values, et pas aux dividendes de SIIC / foncières cotées (REIT) ni à certains ETF/fonds distribuants.
- La CSG déductible (6,8 %)
- une fraction de la CSG (6,8 %) devient déductible de votre revenu global de la même année, ce qui réduit l'impôt. Cet avantage n'existe que sous le barème. Attention : la hausse de CSG de 1,4 point est, elle, non déductible — la fraction déductible reste figée à 6,8 %. Cette déduction est calculée par l'administration sur le montant de revenus inscrit en case 2BH de votre déclaration.
À noter : les prélèvements sociaux sont identiques dans les deux régimes (mêmes taux, sur le brut). Le match PFU / barème se joue donc uniquement sur la part « impôt sur le revenu » et l'effet de la CSG déductible.
La règle selon votre TMI
Comme le barème impose à votre taux marginal, le calcul bascule autour de la TMI de 30 %. Pour des dividendes éligibles (abattement 40 % + CSG déductible 6,8 %) :
- TMI 0 % ou 11 % → le barème est souvent gagnant
- à 0 %, l'impôt sur le revenu du capital est nul, alors que le PFU prélève 12,8 % : le barème l'emporte largement (mais pensez à le cocher !). À 11 %, l'abattement et la CSG déductible suffisent encore généralement à battre les 12,8 % du PFU.
- TMI 30 % et au-delà → le PFU reprend l'avantage
- 30 % (ou 41 %, 45 %) appliqués au capital dépassent les 12,8 % du PFU, même après abattement : la flat tax redevient le moins-disant.
Cette règle « 0/11 → barème, 30+ → PFU » est un bon réflexe, mais elle dépend de la nature de vos revenus : sans dividendes éligibles (que des intérêts ou des plus-values), il n'y a pas d'abattement de 40 %, et le barème devient défavorable plus tôt. D'où l'intérêt de chiffrer votre cas exact.
Les pièges à connaître avant de cocher
- L'option est globale. 2OP s'applique à tous les revenus du capital du foyer pour l'année — impossible de choisir le barème sur vos dividendes et le PFU sur vos plus-values. Le bon calcul se fait sur le total.
- L'abattement de 40 % ne couvre pas tout. Intérêts, plus-values, dividendes de SIIC/REIT, jetons de présence, certaines distributions d'ETF : pas d'abattement. Beaucoup surestiment le gain du barème en l'appliquant à tort à ces revenus.
- Le choix vous engage — plus ou moins selon l'année. Revenir sur la case 2OP après la déclaration est impossible pour les revenus 2025, mais possible à partir des revenus 2026 : la règle vient de changer, voir la section dédiée.
- Franchissement de tranche. Si vos revenus du capital vous font passer dans la tranche supérieure, votre « vraie » TMI sur ce capital n'est pas celle de votre salaire — un bon comparateur le prend en compte (mode précis : revenu + parts).
Peut-on revenir sur la case 2OP ?
La réponse a changé en 2026 : la loi de finances pour 2026 a supprimé le caractère irrévocable de l'option. Mais pas pour toutes les années en même temps — et c'est précisément ce décalage qui piège.
- Revenus 2025 (déclarés au printemps 2026) → c'est définitif
- L'ancienne règle s'applique encore : l'option pouvait être ajoutée ou retirée tant que la date limite de dépôt n'était pas passée, et devient irrévocable ensuite. Une nuance souvent mal comprise : ce qui ferme la porte, c'est la date limite, et non le fait d'avoir validé votre déclaration. Tant que l'échéance n'était pas atteinte, vous pouviez re-déposer une déclaration rectificative et changer d'avis.
- Revenus 2026 (déclarés au printemps 2027) → c'est rattrapable
- Le mot « irrévocable » a disparu du texte. L'option redevient donc modifiable après coup, dans le délai de réclamation de droit commun — jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l'impôt. Un choix fait au printemps 2027 restera donc corrigeable pendant plus de deux ans.
Sources : CGI, art. 200 A, 2, dans sa version en vigueur au 21 février 2026 — l'option y est désormais seulement « expresse », et « exercée lors du dépôt de la déclaration prévue à l'article 170, et au plus tard avant l'expiration de la date limite de déclaration ». La suppression résulte de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, art. 126, I-3° : « les mots : "et irrévocable" sont supprimés ». Faute de clause contraire, elle suit l'art. 1er, II-1° de cette loi, qui l'applique « à l'impôt sur le revenu dû au titre de l'année 2026 et des années suivantes ». Pour l'ancien régime : BOI-RPPM-RCM-20-15, § 320. Délai de réclamation : LPF, art. R. 196-1.
J'ai oublié de cocher la case 2OP : que faire ?
Le scénario est fréquent : l'avis d'imposition arrive, vous constatez que votre capital a été taxé au PFU, et vous réalisez que le barème vous aurait coûté moins cher. Ce qu'il reste possible de faire dépend entièrement de l'année concernée.
Pour vos revenus 2025, la porte est fermée dans les deux sens. Si vous n'avez pas coché, le texte exige que l'option soit exercée « au plus tard avant l'expiration de la date limite de déclaration » : la demander après, ce n'est plus exercer l'option. Si vous aviez coché et le regrettez, c'est l'irrévocabilité qui interdit le retour en arrière — le Conseil d'État l'a confirmé en 2024, y compris dans le délai de réclamation. Le service de correction en ligne, ouvert de l'été à l'automne, laisse matériellement manipuler la case, mais l'administration reste fondée à opposer cette règle sur le fond. Vous pouvez exposer votre situation à votre centre des finances publiques, sans garantie.
Pour vos revenus 2026 et suivants, l'oubli n'est plus fatal : le caractère irrévocable ayant été supprimé, vous pourrez revenir sur votre choix après la déclaration, dans le délai de réclamation.
Dans les deux cas, le bon réflexe est le même : chiffrer l'écart avant de déclarer, pas en découvrant son avis. C'est l'affaire de quelques secondes avec le simulateur ci-dessus.
Conseil d'État, 8ᵉ et 3ᵉ chambres réunies, 5 avril 2024, n° 490411 : l'option revêt un caractère irrévocable, le contribuable qui l'a exercée ne pouvant ensuite y renoncer, ni en cours de contrôle, ni dans le délai de réclamation. Cette décision porte sur le régime antérieur à la loi de finances pour 2026.
Où se coche la case 2OP ?
Sur la déclaration de revenus principale (2042), à la rubrique des revenus de capitaux mobiliers. La cocher déclenche le calcul au barème pour l'ensemble de vos dividendes (cases 2DC/2TS), intérêts (2TR) et plus-values reportées. Vous pouvez la cocher, simuler, puis la décocher autant que nécessaire tant que la date limite de dépôt n'est pas passée — y compris en re-déposant une déclaration rectificative après avoir validé. C'est le bon moment pour comparer ; pour les revenus 2025, c'est aussi le dernier.
Et si vos revenus du capital sont importants ?
Raisonner à TMI donnée suppose que vos revenus du capital ne vous font pas changer de tranche. S'ils sont assez élevés pour cela, votre « vraie » TMI sur ce capital n'est plus celle de votre salaire. Basculez alors le simulateur ci-dessus en mode précis : à partir de votre revenu imposable et de votre nombre de parts, il calcule le barème réel et gère le franchissement de tranche.