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Faut-il cocher la case 2OP ?

Par défaut, vos revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values de titres) sont imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU, la « flat tax »). Cocher la case 2OP de votre déclaration, c'est renoncer à cette flat tax pour soumettre tout ce capital au barème progressif. Bonne idée ou piège ? Ça dépend surtout d'une chose : votre tranche marginale d'imposition (TMI). Ce guide donne la règle, et les pièges à connaître avant de cocher.

La réponse en bref

Faut-il cocher la case 2OP, selon votre tranche marginale d'imposition (TMI) ?
Votre TMI Cocher 2OP ? Pourquoi
0 % (non imposable) Oui Au barème, l'impôt sur le revenu de votre capital est nul, alors que le PFU prélève 12,8 %.
11 % Le plus souvent oui 11 % est déjà sous les 12,8 % du PFU, et l'abattement de 40 % et la CSG déductible creusent encore l'écart.
30 %, 41 % ou 45 % Non Votre taux marginal dépasse largement les 12,8 % du PFU : la flat tax redevient moins chère — sauf exception pour des titres acquis avant 2018.

Trois réserves avant de vous fier à cette règle : l'option est globale (elle emporte tous vos revenus du capital, pas seulement vos dividendes), l'abattement de 40 % ne vaut que pour les dividendes éligibles — sans eux, le barème devient défavorable plus tôt — et, pour les titres acquis avant 2018, l'abattement de 65 % pour durée de détention, réservé au barème, inverse la règle aux TMI 30, 41 et 45 %. D'où l'intérêt de chiffrer votre cas exact ci-dessous.

Simuler votre cas : PFU ou barème ?

Renseignez vos montants : le simulateur chiffre les deux régimes et vous dit lequel coûte le moins cher, et de combien. Il gère l'abattement de 40 %, la CSG déductible et les taux du bon millésime. Le calcul est 100 % local — aucune donnée ne quitte votre navigateur.

Votre situation

Méthode de calcul du barème

Le mode précis calcule le barème réel (gère le franchissement de tranche).

Taux PFU applicables pour 2026

  • Tous revenus du capitalPFU 31,4 % (dont PS 18,6 %)
€

Montant brut perçu.

€

Obligations, comptes à terme… (aucun abattement).

€

Cessions de titres (hors PEA).

Renseignez au moins un montant pour comparer les deux régimes.

À savoir

  • Mode rapide : l'impôt au barème est estimé à votre TMI, comme si vos revenus du capital restaient dans cette tranche. S'ils vous font changer de tranche, l'écart réel diffère — passez en mode précis ou vérifiez au simulateur officiel.
  • L'option barème (case 2OP) est globale : elle s'applique à l'ensemble de vos revenus du capital de l'année, pas à un placement isolé.
  • Pour les revenus 2026, l'option 2OP est révocable.
  • PEA, assurance-vie et PEL relèvent de régimes propres, hors de ce comparateur.

Aide informative — ne constitue pas un conseil fiscal.

Le choix par défaut : la flat tax (PFU)

Si vous ne cochez rien, vos revenus du capital sont taxés au PFU : 12,8 % d'impôt sur le revenu + prélèvements sociaux, quel que soit votre niveau de revenu. Le taux des prélèvements sociaux a augmenté :

  • la CSG sur les revenus du capital passe de 9,2 % à 10,6 % (LFSS 2026), portant les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % ;
  • le PFU passe donc de 30 % à 31,4 % (la part « impôt sur le revenu » de 12,8 % est, elle, inchangée depuis 2018).

Subtilité de calendrier : la hausse frappe les dividendes et intérêts versés à partir de 2026, mais s'applique dès 2025 aux plus-values mobilières (rétroactivité propre aux « revenus du patrimoine »). Une plus-value de titres réalisée en 2025 est donc déjà taxée à 31,4 %, alors qu'un dividende versé en décembre 2025 reste à 30 %.

À noter : cette application aux cessions réalisées avant la publication de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) est jugée contestable par une partie de la pratique fiscale, sur le fondement du débat constitutionnel sur la rétroactivité de la loi fiscale (dite « petite rétroactivité »). Nous ne recommandons pas de contentieux et ne préjugeons pas de son issue : en l'état du droit, le taux applicable reste 18,6 % de prélèvements sociaux, et c'est celui que retient notre comparateur.

Ce que débloque la case 2OP (le barème)

En cochant 2OP, l'impôt sur le revenu de votre capital n'est plus calculé à 12,8 % fixe, mais à votre taux marginal (0, 11, 30, 41 ou 45 %). En échange, le barème ouvre des avantages que le PFU ne donne jamais — les deux principaux pour la plupart des situations étant :

L'abattement de 40 % sur les dividendes éligibles
seuls 60 % de vos dividendes éligibles sont imposés à l'impôt sur le revenu. ⚠️ Cet abattement ne s'applique qu'aux dividendes éligibles (actions de sociétés soumises à l'IS, françaises ou UE/convention), pas aux intérêts, pas aux plus-values, et pas aux dividendes de SIIC / foncières cotées (REIT) ni à certains ETF/fonds distribuants.
La CSG déductible (6,8 %)
une fraction de la CSG (6,8 %) devient déductible de votre revenu global de la même année, ce qui réduit l'impôt. Cet avantage n'existe que sous le barème. Attention : la hausse de CSG de 1,4 point est, elle, non déductible — la fraction déductible reste figée à 6,8 %. Cette déduction est calculée par l'administration sur le montant de revenus inscrit en case 2BH de votre déclaration.

À noter : les prélèvements sociaux sont identiques dans les deux régimes (mêmes taux, sur le brut). Le match PFU / barème se joue donc uniquement sur la part « impôt sur le revenu » et l'effet de la CSG déductible.

La règle selon votre TMI

Comme le barème impose à votre taux marginal, le calcul bascule autour de la TMI de 30 %. Pour des dividendes éligibles (abattement 40 % + CSG déductible 6,8 %) :

TMI 0 % ou 11 % → le barème est souvent gagnant
à 0 %, l'impôt sur le revenu du capital est nul, alors que le PFU prélève 12,8 % : le barème l'emporte largement (mais pensez à le cocher !). À 11 %, l'abattement et la CSG déductible suffisent encore généralement à battre les 12,8 % du PFU.
TMI 30 % et au-delà → le PFU reprend l'avantage (hors titres anciens)
30 % (ou 41 %, 45 %) appliqués au capital dépassent les 12,8 % du PFU, même après abattement de 40 % sur les dividendes : la flat tax redevient le moins-disant. Exception : pour des plus-values sur titres acquis avant le 1ᵉʳ janvier 2018, un autre abattement s'applique, réservé au barème et refusé au PFU — voir le piège dédié ci-dessous, qui inverse la règle pour ces titres.

Cette règle « 0/11 → barème, 30+ → PFU » est un bon réflexe, mais elle dépend de la nature de vos revenus : sans dividendes éligibles (que des intérêts ou des plus-values), il n'y a pas d'abattement de 40 %, et le barème devient défavorable plus tôt. D'où l'intérêt de chiffrer votre cas exact.

Les pièges à connaître avant de cocher

  • L'option est globale — mais pas illimitée. 2OP s'applique à tous les revenus du capital du foyer entrant dans son champ pour l'année — impossible de choisir le barème sur vos dividendes et le PFU sur vos plus-values. Le bon calcul se fait sur le total. Elle emporte aussi les produits d'assurance-vie et de capitalisation attachés aux primes versées depuis le 27 septembre 2017 (CGI, art. 200 A, 1-B-2° ; BOI-RPPM-RCM-20-15) : leur taux forfaitaire normal, 7,5 % pour un contrat de plus de 8 ans (encours net de primes ≤ 150 000 €, tous contrats confondus), passe alors à votre TMI — un foyer à TMI 11 % qui coche 2OP fait ainsi grimper ces gains de 7,5 % à 11 % (≈ 10,25 % effectif après CSG déductible), au-delà des abattements annuels de 4 600 € / 9 200 €. Les produits de primes versées jusqu'au 26 septembre 2017 sont hors champ de 2OP. À l'inverse, elle ne fait pas basculer vos plus-values de cession de crypto-actifs au barème : celles-ci relèvent de leur propre option (case 3CN, CGI art. 200 C), indépendante de 2OP. Quant aux revenus fonciers, ils sont déjà au barème progressif de plein droit dans tous les cas — 2OP ne les « emporte » pas, elle ne change rien pour eux.
  • L'abattement de 40 % ne couvre pas tout. Intérêts, plus-values, dividendes de SIIC/REIT, jetons de présence, certaines distributions d'ETF : pas d'abattement. Beaucoup surestiment le gain du barème en l'appliquant à tort à ces revenus.
  • Le choix vous engage — plus ou moins selon l'année. Revenir sur la case 2OP après la déclaration est impossible pour les revenus 2025, mais possible à partir des revenus 2026 : la règle vient de changer, voir la section dédiée.
  • Franchissement de tranche. Si vos revenus du capital vous font passer dans la tranche supérieure, votre « vraie » TMI sur ce capital n'est pas celle de votre salaire — un bon comparateur le prend en compte (mode précis : revenu + parts).
  • Titres acquis avant 2018 : la règle des TMI élevées s'inverse. Pour ces titres, un abattement pour durée de détention (CGI, art. 150-0 D, 1 ter ; BOI-RPPM-PVBMI-20-20-10) réduit l'assiette imposable à l'IR au barème — 50 % entre 2 et 8 ans de détention, 65 % au-delà — alors que le PFU n'en bénéficie jamais. Une fois l'abattement de 65 % appliqué, le coût réel à l'impôt sur le revenu tombe à 8,46 % pour une TMI de 30 %, 11,56 % pour 41 % et 12,69 % pour 45 % — les trois sous les 12,8 % du PFU. Le barème redevient alors gagnant, y compris aux TMI les plus hautes. Simulez ce cas avec le champ « Dont titres acquis avant 2018 » du simulateur ci-dessus.

Peut-on revenir sur la case 2OP ?

La réponse a changé en 2026, mais elle ne concerne qu'un seul sens : la loi de finances pour 2026 a supprimé le caractère irrévocable de l'option, ce qui ouvre la possibilité d'y renoncer après coup pour les revenus 2026 et suivants. Elle ne change rien à l'exercice de l'option elle-même, qui reste conditionné au dépôt dans les délais. Et le changement ne s'applique pas à toutes les années en même temps — d'où le piège.

Revenus 2025 (déclarés au printemps 2026) → irrévocable dans un seul sens
L'ancienne règle s'applique encore : l'option pouvait être ajoutée ou retirée tant que la date limite de dépôt n'était pas passée — y compris en re-déposant une déclaration rectificative pour changer d'avis. Passé cette date limite, la situation devient asymétrique : si vous aviez coché, l'option devient irrévocable, impossible d'y renoncer. Si vous n'aviez pas coché, en revanche, une tolérance administrative permet le plus souvent de rattraper l'oubli même après cette date — voir la section dédiée ci-dessous, qui détaille ce mécanisme et ses limites.
Revenus 2026 (déclarés au printemps 2027) → le retrait devient rattrapable
Le mot « irrévocable » a disparu du texte : vous pourrez désormais renoncer à une option déjà cochée après coup, dans le délai de réclamation de droit commun — jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l'impôt. Attention à ne pas confondre les deux sens : cette réforme ouvre le retrait, pas l'exercice tardif — la condition « au plus tard avant l'expiration de la date limite de déclaration » subsiste à l'article 200 A. Un oubli continuera de se rattraper par la même tolérance administrative qu'avant la réforme, pas par cet article.

Sources : CGI, art. 200 A, 2, dans sa version en vigueur au 21 février 2026 — l'option y est désormais seulement « expresse », et « exercée lors du dépôt de la déclaration prévue à l'article 170, et au plus tard avant l'expiration de la date limite de déclaration ». La suppression résulte de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, art. 126, I-3° : « les mots : "et irrévocable" sont supprimés ». Faute de clause contraire, elle suit l'art. 1er, II-1° de cette loi, qui l'applique « à l'impôt sur le revenu dû au titre de l'année 2026 et des années suivantes ». Pour l'ancien régime : BOI-RPPM-RCM-20-15, § 320. Délai de réclamation : LPF, art. R. 196-1.

J'ai oublié de cocher la case 2OP : que faire ?

Le scénario est fréquent : l'avis d'imposition arrive, vous constatez que votre capital a été taxé au PFU, et vous réalisez que le barème vous aurait coûté moins cher. Ce qu'il reste possible de faire dépend entièrement de l'année concernée.

Pour vos revenus 2025, la règle est asymétrique : tout dépend si vous n'avez rien coché, ou si vous aviez coché et le regrettez.

Vous n'avez pas coché : sur le strict texte, l'option doit être exercée « au plus tard avant l'expiration de la date limite de déclaration », donc la demander après n'est plus, juridiquement, exercer l'option. Mais l'administration accepte cette régularisation par tolérance constante, en dehors de tout texte de loi : la réponse ministérielle Rabault (RM Rabault, JOAN 25/02/2020, n° 24560) confirme que ces demandes sont acceptées « sans pénalité », et la réponse ministérielle Klinkert (RM Klinkert, JOAN 24/10/2023, n° 3778) admet l'option après le dépôt de la déclaration, y compris en cours de contrôle. Le Conseil d'État, saisi de cette dernière réponse (CE, 5 avril 2024, n° 490411), a écarté le recours en jugeant que le passage attaqué — celui sur l'irrévocabilité — ne fait que reprendre la loi ; il ne s'est pas prononcé sur la tolérance elle-même, qui reste une pratique administrative constante plutôt qu'un droit inscrit dans un texte. Concrètement, pour les revenus 2025, le service de correction en ligne reste ouvert du 29 juillet au 30 novembre 2026 inclus, puis une réclamation reste possible jusqu'au 31 décembre 2028 (LPF, art. R*196-1).

Vous aviez coché et le regrettez : là, la porte est bien fermée, sans la même tolérance en sens inverse. C'est l'irrévocabilité de l'ancien régime qui interdit le retour en arrière — le Conseil d'État l'a confirmé en 2024, y compris dans le délai de réclamation (voir la note ci-dessous).

Pour vos revenus 2026 et suivants, ne confondez pas les deux mécanismes. L'oubli continue de se rattraper exactement de la même façon que ci-dessus — c'est la tolérance administrative constante, pas un effet de la réforme de 2026. Ce que change la loi de finances pour 2026, c'est l'autre sens : vous pourrez désormais renoncer à une option déjà cochée, dans le délai de réclamation — le cas qui, pour 2025, reste définitivement fermé.

Dans tous les cas, le bon réflexe est le même : chiffrer l'écart avant de déclarer, pas en découvrant son avis. C'est l'affaire de quelques secondes avec le simulateur ci-dessus.

Conseil d'État, 8ᵉ et 3ᵉ chambres réunies, 5 avril 2024, n° 490411 : l'option revêt un caractère irrévocable, le contribuable qui l'a exercée ne pouvant ensuite y renoncer, ni en cours de contrôle, ni dans le délai de réclamation. Cette décision porte sur le régime antérieur à la loi de finances pour 2026.

Où se coche la case 2OP ?

Sur la déclaration de revenus principale (2042), à la rubrique des revenus de capitaux mobiliers. La cocher déclenche le calcul au barème pour l'ensemble de vos dividendes (cases 2DC/2TS), intérêts (2TR) et plus-values reportées. Vous pouvez la cocher, simuler, puis la décocher autant que nécessaire tant que la date limite de dépôt n'est pas passée — y compris en re-déposant une déclaration rectificative après avoir validé. C'est le bon moment pour comparer ; pour les revenus 2025, c'est aussi le dernier moment où le choix reste réversible dans les deux sens. Passé ce délai, cocher devient irrévocable, alors qu'un oubli reste rattrapable par tolérance administrative (voir la section dédiée).

Et si vos revenus du capital sont importants ?

Raisonner à TMI donnée suppose que vos revenus du capital ne vous font pas changer de tranche. S'ils sont assez élevés pour cela, votre « vraie » TMI sur ce capital n'est plus celle de votre salaire. Basculez alors le simulateur ci-dessus en mode précis : à partir de votre revenu imposable et de votre nombre de parts, il calcule le barème réel et gère le franchissement de tranche.

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